Avancer en harmonie avec la nature

Dimanche 26 Mars 2017

Courrier des Lecteurs

De : Grégoire

Bonjour
Voici quelques réflexions de la pensée d'un nouveau lecteur de votre revue.
Je ne sais si ces lignes paraîtront en tout ou partie, mais j'aimerai faire réagir vos lecteurs dans une autre direction. Si je devais écrire un livre, je l'appellerai ; « l'homme qui mordait l'oreille des chevaux »
Ayant dernièrement lu tous les éloges concernant votre revue sur le site internet, très curieux, je me suis abonné. Et je suis surpris par la virulence de vos articles. Il y a pour moi une grande similitude avec la politique. On se croirait au Canard enchaîné ou à Libé, avec les gentils et les vilains, les bons et les méchants ! ceux qui détiennent la vérité, et ceux qui n'ont rien compris !
Mais qui sommes-nous donc, pour nous permettre d'être aussi intolérants, et surtout, pour nous exprimer à la place de tous ces chevaux ?
Comment pouvons-nous expliquer ce qui pourrait ou non correspondre à leur bien être ?
Il faudrait cesser de regarder la poutre dans l'œil du voisin, ne sommes-nous pas, pour la plupart, propriétaires, locataires, ou utilisateurs d'équidés ?
Où sont l'amour et le respect du cheval dans toutes nos pratiques ?
Il faut arrêter de se donner bonne conscience, et dire qu'on aime et que l'on respecte nos compagnons. Il faut arrêter de se leurrer, « la pratique du cheval » c'est de l'esclavage,
tout simplement, de la possession, du profit, du plaisir,…. Pour soi uniquement. Il n'y a aucun amour là dedans ! Le seul respect que l'on devrait avoir pour eux, c'est de leur foutre la paix !
Le cheval est un des rare animal à ne pas être tributaire de l'homme. Il n'est pas conçu pour porter quoique ce soit. Si l'on veut rester cohérent avec son discours, il faut « avoir » un cheval uniquement pour le plaisir des yeux, et encore !!!
Qu'il soit en estive, au pré, ou en box, Il n'a aucun plaisir à faire le guignol sous vos fesses ! arrêter de fantasmer !!!
Le cheval est un animal libre qui ne devrait pas avoir de contrainte, il faut savoir reconnaître que de toutes façons, nous ne faisons pas le bien pour lui, mais pour nous, par profit, pour notre unique plaisir, notre auto-satisfaction, et pour nous pardonner de cet esclavage, derrière « de bons soins ! »
Toutes les disciplines, dans les différents pays qui les pratiquent, ont tous une histoire, une transmission des acquis. Ces derniers ont leur « bon et mauvais « côté, mais de là à critiquer si fortement tous ces usagers, il me semble qu'il y a problème. On ne peut être aussi intransigeant, ni changer des traditions acquises de génération en génération. Il y aura toujours « du bon et du mauvais » dans tous ces acquis, c'est à chacun de se faire son opinion et de rester ouvert à toute nouvelle possibilité.
Je suis professionnel dans le milieu du cheval depuis pas mal d'années, et lors de mon apprentissage, ou j'étais exploité comme tout un chacun, (ce dont je ne m'offusque pas car j'y ai acquis mes convictions), j'y ai appris alors, que si je voulais les respecter, je ne devais jamais utiliser le cheval à des fins lucratives.
Malheureusement, j'ai fait le contraire de ce que je désirais. J'essaye néanmoins, de former mes rares stagiaires, sur ma vision du cheval, sans pour autant prêcher la vérité. Je ne me cacherai pas derrière du travail en liberté, des chevaux non ferrés, et tout ce qui peut paraître « naturel « . Je ne suis pas éthologue, mais il m'arrive de mordre l'oreille de mes chevaux, pour leur montrer ma colère, lorsque je n'arrive pas à la dominer. Je suis sûrement barbare pour beaucoup, violent pour d ‘autres, cependant , j'aime mes chevaux à ma manière, et suis malheureux , quand ils ne sont pas bien.
La chose la plus importante , pour une personne désirant se former, est de prendre tout ce que sa conscience lui dit de prendre, et non d'appliquer à la lettre tout ce qui peut être dit.
Dans votre numéro de mai, je lisais dans le courrier des lecteurs, un message « d'une brave naïve », qui était perdue devant la multitude « d'équitation naturelle » !
Il n'y a aucune méthode pour élever ses enfants, aucun livres qui puissent vous dire ; «  il faut faire ainsi et pas autrement ». L'éducation se fait avec le cœur, avec l'amour, avec l'instinct, avec du bon sens, avec ce qui fait de vous , ce que vous êtes, et cela sera toujours différent en fonction de chaque individu, et de chaque « élève ». Il en est de même pour les chevaux,, personne n'a les même objectifs, ni les même envies, connaissances et capacités
Le principal est de se diriger le mieux possible vers ce que l'on souhaite, et cela se fait souvent avec des erreurs, que l'on corrige ou non. C'est à chacun de découvrir tout ce qui nous est offert, et a forger nos propres convictions, pour tenter de les appliquer. Mais personne n'aura la solution pour nous !
En éthologie, il y a beaucoup d'argent à se faire, comme partout, il faut profiter de tout ce qui peut être dit, mais ne rien prendre à la lettre. Il est possible d'arriver à un même résultat, de nombreuses manières différentes.
Tout est question de code. Le votre, seul importe dans VOTRE relation avec votre cheval .
Il n'est pas critiquable, et s'il doit l'être, il ne devrait l'être que par vous. De toutes façons, il y aura toujours moyen de se justifier devant toutes critiques. Il y aura toujours un contexte expliquant un système de fonctionnement.
A chacun de faire la part des choses…
Tout est autour de nous, il suffit de regarder, d'admirer les chevaux évoluer en liberté, les poulains aériens, la tête fièrement dressée, effleurant à peine le sol.
Ne sont-ils pas en équilibres ? Ont-ils le dos creux ou rond ? Se posent-ils la question de l'engagement de leurs postérieurs ? Et ces étalons, la tête au ras du sol, gueule ouverte, rassemblant leurs juments, ou dressée très haut, pour se battre avec leurs rivaux. Ne sont-ils pas en équilibres ? Capables des plus grandes prouesses physiques, que l'homme ne parviendra jamais à leurs faire faire… ?
Il faut cesser de se prendre la tête avec toutes les lectures de ces gourous nous affirmant le bien fondé de leur dire, mais ressentir avec ses tripes, avec sos fesses, et surtout sa voix, alors dialogue, il y aura. Et comme dirait Tim Ware, que je remercie au passage, pour son article qui fait vraiment plaisir à lire : « Arrêtez de vous gargariser avec tous ces principes de gourous, et agissez avec un peu de bon sens »
J‘en profiterai pour ajouter quelques mots sur ; »Les va-nu-pieds chez les pros »
Ayant pratiqué l'endurance et ayant pour unique objectif de finir Florac à cru. J'ai qualifié deux juments sur 130 kms, à cru , et avec une lanière autour du cou, mais avec des fers alu.
J'ai malheureusement été éliminé deux fois à Florac pour boiterie, dont une très litigieuse !
J'étais le vilain petit canard qui était le premier à passer à la pesée en course, afin de voir si je ne trichais pas. N'ayant pas de selle j'avais un tapis très lourd, car je ne suis pas épais ! Quand on voit encore récemment , un cheval passer un vet-gate sans problèmes, et « péter les plombs » 12 kms après, pour se faire euthanasier en pleine montagne, on est en droit de se poser des questions ! Surtout lorsqu'on vous arrête à 40 kms de l'arrivée, avec une jument qui tape à 48, qui mange et qui a urinée, ç'est dur à avaler ! et on a vraiment l'impression de déranger !!!
Je crois qu'il faut laisser « les pros entre eux »
Grégoire

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De : Perrine et Guilhem

Bonjour !
Nous sommes cavaliers, propriétaires (et éleveurs à l'occasion) de chevaux dont nous cherchons à respecter au mieux les besoins : chevaux au pré toute l'année, non ferrés, montés en licol, pas de granulés, le moins possible de médicaments allopathiques…
C'est donc avec un grand intérêt que nous avons découvert et lu votre magazine : enfin une ligne éditoriale qui se centre sur la recherche du respect de la nature du cheval et non sur le "bien-être" du cavalier. Halte aux fers, non à l'utilisation d'embouchures de plus en plus contraignantes, oui à une équitation qui prend son temps sans recherche de rentabilité et de sensations au mépris du cheval ! Le tout sur papier recyclé, BRAVO !
Cependant, la mise en page, l'organisation des articles et des idées est parfois maladroite ce qui rend l'accès aux idées-clés laborieuse et nous laisse une impression de fouillis qui discrédite les arguments proposés.
Pour exemple, dans « La science à tout crin », article très condensé, vous sautez « du pied au poil », en passant par une critique de la filière équine qui brouille le message pour les novices que nous sommes. Chacun des arguments cités mériterait son propre article, afin de les expliciter de manière concrète et approfondie, au lieu de citer des idées que nous ne maîtrisons pas et que nous oublions par la suite.
D'autre part, les critiques que vous formulez nous paraissent intéressantes mais leurs fondements théoriques nous échappent parfois, ce qui ne nous aide pas à réfléchir à de nouvelles solutions.
Pour exemple, la critique du join-up : Est-il à proscrire? Pourquoi ? Quelles autres solutions ?
Dans d'autres cas, les critiques nous semblent un peu rapides.
Pour exemple, dans votre article « une certaine idée de l'équitation », vous nous parlez de quatre points de pression incontournables en expliquant "qu'on ne peut plus éviter d'exercer certaines pressions sur le corps du cheval, quoiqu'en pensent les adeptes du « renforcement positif » (p 64). Pourquoi ne peut-on plus éviter d'exercer ces pressions ? Qu'entendez-vous par « adeptes du renforcement positif » ?
D'un point de vue éthologique, un point de pression peut en effet avoir pour but un renforcement positif ou, à l'inverse, faire l'objet d'une désensibilisation. Qu'en est-il de ces points de pression par rapport à cette théorie du renforcement positif que vous évoquez?
Enfin, nous sommes parfois surpris par des contradictions entre vos différents articles.
Pour exemple, dans votre article décrivant l'histoire de Secretary Royal, nous avons été surpris par les passages « Secretary Royal semble enfin avoir trouvé sa voie et des propriétaires qui savent montrer ses origines de champion » (p42) et « Secretary Royal est alors très heureux et mène une vie trépidante qui ne lui laisse pas le temps de s'ennuyer » (p43). Ces passages font l'apologie d'une monte régulière, forcée, en concours avec mors dans la bouche, fers aux pieds et vie en box dans le but de la performance!!! Celle-là même que vous dénoncez sans relâche (et c'est admirable) dans vos articles.
De plus, vous qualifiez Secretary Royal de cheval « très heureux » alors que, dans le même journal, vous consacrez un article au bien-être équin, dans lequel vous expliquez que celui-ci n'est pas évaluable objectivement pour le moment…. surtout dans ces conditions de vie…
Pour conclure, nous avons été très emballés dans un premier temps par la découverte de votre journal qui vient appuyer les idées que nous avions au sujet de la façon de s'occuper de nos chevaux. Il apporte aussi une critique nécessaire de l'éthologie.
Cependant, nous n'y avons pas trouvé d'outils s'appuyant sur une démarche scientifique claire pour faire progresser nos idées et les appuyer.
D'autre part, quelle démarche pragmatique utiliser en ce qui concerne l'équitation en elle-même puisque l'équitation classique et l'éthologie sont traumatisantes pour le cheval ? Faut-il observer nos chevaux et "extraire" de cette observation une pratique empirique ou stopper toute monte ? N'y a t-il pas des points communs et positifs à ces deux équitations ? N'est-ce pas l'arrêt de l'équitation la solution pour que nos chevaux aient une vie sereine et naturelle ? …
L'objectif de notre courrier n'est pas de détruire mais d'encourager votre démarche à travers des remarques que nous espérons claires et constructives afin de continuer ensemble à défendre au mieux nos idées communes et ainsi être le plus crédibles possible auprès de leurs détracteurs. Pour ce qui est des personnes déjà convaincues, il nous paraît nécessaire de leur offrir le plus d'outils concrets et clairs possible.
Naturelles salutations!
Perrine et Guilhem

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De : Carine

Bonjour, je lis votre magazine avec intérêt et je vous soutiens. Je suis cavalière débutante et pourtant je me suis souvent posé des questions sur les chevaux que je monte, ce qu'on m'apprend, ce que je vois : des chevaux insensibles, voire fuyants, fatigués, l'utilisation du mors, de la cravache... Comme dans l'article du numéro de printemps 2010 (Diamino), on n'ose pas se rebiffer devant les "sachants", on monte, on tombe, on a peur, mais on continue car on n'a pas beaucoup d'autres alternatives pour approcher des chevaux que de se rendre dans le club équestre du coin, surtout en région parisienne.
Je vais d'ailleurs quitter la région parisienne pour la Normandie prochainement, pour changer de cadre et de mode de vie. J'aimerais continuer l'équitation, mais dans un esprit différent, ou on respecte le cheval et son cavalier. Où l'objectif n'est pas seulement de maîtriser l'animal pour le faire avancer à notre convenance. Une équitation plus "simple" dans la pratique mais avec une approche plus importante de l'animal et de ses besoins.
J'aime bien les articles de Pierre Enoff, car même si le sujet est souvent le ferrage du cheval, il fait réfléchir à toutes les situations ou l'Homme a l'art et la manière de se compliquer la vie. On s'émerveille de nos semblables qui arrivent à vivre sans fioriture, et à côté de ça on fabrique frénétiquement des gadgets de plus en plus sophistiqués dont on pense ne plus pouvoir se passer. Et on parle d'écologie! C'est une époque de clowns et on marche sur la tête. Que l'Homme aille donc s'occuper de ses pieds. Ce n'est pas brillant non plus, dans ce domaine : pieds et genoux qui se déforment, mauvaise circulation sanguine, problème de dos... ça ne vous rappelle rien ?
Carine

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De : Yuna

Bonjour à vous !
Je tenais à vous dire que j'aime énormément votre manière de penser et de réagir avec les chevaux ! Réfléchir avant d'agir, quelque chose que beaucoup de cavaliers oublient ! Je suis dans une école spécialisée dans le cheval (MFR = Maison familiale rurale) où malheureusement, les trois quarts des cavaliers qui s'y trouvent, pratiquent l'équitation traditionnelle et sont en général axés sur le CSO ! Ce n'est pas grave, mais ils n'acceptent pas que mon travail soit diffèrent de ce qu'ils font ! Je fais du travail en liberté, je n'appelle pas ça de l'éthologie car je ne connais pas vraiment le sens de ce mot ! Et ils veulent toujours me prouver qu'il est mieux de monter en filet ou en bride qu'avec un simple licol ! Ils disent que monter sans mors, nous met en danger ! Moi je pense que cela dépend de l'habitude du cheval et de son dressage ! Je vais même jusqu'à dire qu'il vaut mieux monter un cheval bien dressé en licol ou cordelette qu'un cheval en filet sur lequel on n'a aucun contrôle ! Et je pense de toutes façons que, mors ou pas, l'équitation reste dangereuse ! Dans ces cas-là on ne monte pas à cheval ! Moi je fais surtout du travail à pied avec mes chevaux car je pense que ça renforce notre complicité ! J'ai pris beaucoup de plaisir avec ma pouliche de 5 ans À faire du travail à pied et je la monte rarement ! J'ai eu des moments inoubliable quand je courais dans le pré et qu'elle me suivait au grand galop, comme si elle jouait, elle se cabrait et donnait des coups de cul, et c'est le travail à pied qui a fait qu'elle joue autant avec moi, elle a pris ça comme une partie de plaisir !
Voilà, je voulais vous faire partager mes avis, et franchement bravo pour ce magazine fantastique, il faudrait beaucoup plus de personnes qui pensent comme vous !
Yuna

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